Description
La contribution politique de la cécité
Une réflexion verticale sur la vue et sur son absence nous conduit directement au cœur de notre culture occidentale, plus précisément du système consumériste, capitaliste et libéral que nous habitons. Nous vivons quotidiennement dans l’image : nous en sommes attirés, engloutis, intoxiqués, rendus dépendants, vidés de vitalité à l’intérieur d’un processus de consommation/consumérisme fondé surtout sur l’apparence, sur ce qui se montre, sur ce qui, en éblouissant, suscite et impose le besoin d’une reconnaissance visible, fulgurante.
C’est dans l’image qu’est engendrée une dynamique autoréférentielle, narcissique, qui exclut toute signification de complémentarité dans la relation, ainsi que toute nécessité d’approfondissement intérieur. Elle nie la possibilité de concevoir et de pratiquer l’envers du canon homologué.
L’expérience de la cécité pulvérise d’un coup la superficialité du visible, pénètre et habite l’invisible de la noirceur, dans un processus inverse de celui auquel nous, voyants, sommes accoutumés, même mentalement.
John Martin Hull raconte tout cela, nous conduisant peu à peu à reconsidérer nos paramètres sociaux et culturels ; il ouvre magnifiquement le corps de la voix et du son, nous éveillant sensiblement et spirituellement à la concentration du silence et de l’écoute, à la lenteur confiante, à la résurrection intérieure qui puise sa force dans le sacré profond qui nous habite. Il partage des faits de son histoire personnelle, les plis de son vécu, des mortifications, des dépressions dont il est ressorti avec énergie et lucidité.
Il conjugue le verbe « aimer » dans une acception chrétienne dépouillée et disponible au dialogue.
Tout son travail, dans cette œuvre, naît et se développe dans le ventre des Saintes Écritures. Il se diffuse dans chaque recoin de notre vie quotidienne, dans chaque connexion existentielle et sociale, en plus de la dimension spirituelle.
Sa pensée, dans chacune de ses paroles, propose en réalité les fondements praticables pour la correction d’une polis qui a encore beaucoup à apprendre pour une coexistence de droits égaux, de non-discrimination, de croissance à la fois individuelle et collective.








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